Rencontres : La clientèle du cabinet dentaire n'avait
rien de sélect mais ne nuisait pas aux activités du bureau de tourisme qui, en
face de la mairie et toujours ouvert puisqu'il n'y avait qu'une porte type
"de garage" et dont le joli stand en bois de Guyane fabriqué par le
tourangeau auteur des meubles du carbet, attirait le regard. J'ai salarié
quelques temps une Tuc- Secrétaire-assistante dentaire-réceptionniste bien
maquillée si bien que les touristes et visiteurs de la mairie ne pouvaient nous
échapper. Télex, téléphone et machine à écrire à disposition, les politiques,
quémandeurs, affairistes, consommateurs de travaux municipaux et autres
architectes, nous les avons tous vus. Et j'avais souvent le temps de parler...
Le rôle de public-relation m'a toujours réussi et le restaurant n'a eu que de
bonnes retombées. Rachel avait souvent des repas de groupe soit de
fonctionnaires pour l'entracte de quelques réunions, soit des repas d'affaires
pour l'industrie du bois, de l'or , des travaux publics ou du riz. J'en oublie
bien sûr mais nous avons ainsi connu et souvent apprécié des personnalités -
dans le sens individus qui sortent de l'ordinaire- c'est admiratif et non
péjoratif, merci de ne pas confondre. Rachel les recevait bien, un client
devant être mieux considéré qu'un mari ou assimilé dans son jugement primaire.
C'est ainsi que nous avons visité :
La mine d'or de Paul Isnard.
Le scénario est toujours le même, nous avons un dîner
réservé et les convives sont surpris par le cadre et par la qualité des
prestations, la vie paraissant toujours plus belle quand on a bien mangé et
bien bu. Les soirées se terminent tard avec une fraternisation de bon aloi ce
qui entraîne des invitations diverses et variées. C'est ainsi que le directeur
de la mine nous propose d'assister à la coulée de l'or, sur place, telle après
midi. Vous croyez que nous acceptons ? oui... Nous voilà sur le
terrain d'aviation et "en voiture" dans l'avion de la mine, 4 places,
le pilote, nous 2 et des tas de cartons puisque la distance est d'environ 200
Kms et la piste (terrestre) souvent impraticable, les transports lourds mettant
2 jours à passer par la route.
Deux petites heures de vol, vue de la forêt amazonienne que
nous connaissions depuis le voyage en équateur mais là, vue plus rapprochée du
champ de persil modèle XXL ou un avion disparaît à tout jamais au premier
incident, avalé par la canopée comme ils disent, les vrais savants sur leur
radeau pneumatique à la cime des arbres.


Arrivée sur un terrain de fortune, un pick-up Toyota prend
la relève et nous arrivons dans un site lunaire de latérite qui aurait subit la
guerre des tranchées. Des centaines de mètres cube de terre retournée en
collines et vallées rouges sans un arbre ou un brin d'herbe. Le vert du mot
Guyane a disparu et comme nous sommes en saison des pluies, le pick-up (
4x4 !) se plante jusqu'aux portières dans un flaque de boue un peu trop
profonde. Notre chauffeur va chercher de l'aide et nous voyons arriver un
bulldozer dont la pelle frontale pourrait soulever un mammouth et sa famille.
Il nous pousse délicatement jusqu'à la terre ferme et nous repartons vers la
maison entourée de baraquements qui est le cœur de l'exploitation.
Je ne peux pas dire combien d'ouvriers et d'engins de
chantier genre construction d'autoroute s'agitent dans les alentours et je ne
vais pas faire un cours sur l'exploitation de l'or mais nous sommes venus voir
couler l'or de la récolte de la semaine et nous voyons effectivement l'homme au
creuset couler le métal magique dans des moules de la taille d'un lingot. J'ai
déjà, en 2ème année d'études (1958 !) coulé de l'or à 22 carats pour faire
des couronnes mais c'était en plus petite quantité !
Autres
rencontres marquantes, le baptême en hélicoptère avec le pilote
de grands patrons de la banque venus de Cayenne pour se poser sur le terrain de
jeu de nos chevaux, et partis faire leurs affaires après le déjeuner, la
patronne du restaurant s’envoyant en l’air avec sa fille – et l’hélico –
pendant que je rangeais un peu l’établissement … ; les politiques dont
Raymond Barre qui a usé de notre salle de bain et est resté toute une après
midi à préparer son intervention dans une réunion où je n'étais bien
heureusement pas convié; le député Brunet, venu dîner avec Léon Bertrand et me
demandant si c'était vrai que j'avais la photo de Mitterand dans ma chambre à
coucher... Je n'ai jamais su si c'était de l'humour ! Bertrand se fera élire à
sa place au scrutin suivant... ; Et Chirac que nous étions allés applaudir
à Cayenne avec la délégation de St. Laurent qui est revenue avec les bouteilles
de champagne qui n’avaient pas toutes été bues ! Et une rencontre des
premiers mois de Guyane avec Madame Lassort, veuve de l’ancien directeur (propriétaire?)
de la mine de Paul Isnard et qui voulait se lancer dans le tourisme avec un
hydroglisseur de 20 places qui a eu beaucoup de soucis...l'engin faisait bien
trop de bruit sur le fleuve (où nous faisions souvent une petite sieste dans
notre Solaris, c’était la première année, le tout début ) mais il n’a jamais
réussit à franchir le premier « saut » du Maroni…Sa propriétaire
m'avait fait connaître le pilote de l'avion de la mine de ces années là, un
certain Lognon originaire du Poitou et dont j'ai eu des nouvelles 20 ans plus
tard, en 2003, par ... le maire de
Mouterre. Jetez un œil sur le chapitre Mouterre/blourde du site mais l’histoire
mérite d’être contée tout de suite : Monsieur X… maire de ce village et qui
est domicilié à Neuville du Poitou possède sur la commune de Mouterre une
exploitation d’extraction de graviers et autres produits dans la Blourde, par
miracle en aval du village, la pollution et les camions passent en majorité
dans le village voisin…
Donc notre édile, pollueur et obèse, qui avait tout intérêt
à se faire élire maire des 70 votants pour économiser sur sa taxe
professionnelle et autres « avantages », avait entendu parler des
machines utilisées en Guyane et avait chargé notre Lognon revenu au pays, de
lui rapporter des marques et indications sur ces matériels. Je ne vous dirais
pas l’année mais mon maire en a eu pour 5000 Francs et n’a jamais vu revenir
notre ancien pilote que je n’ai pas revu non plus sur place.
Le monde est
petit .....
_________________________________________________________
Je cherche un titre pour le paragraphe suivant qui va clore
ce long moment de vie outre-mer qui n’avait pas été programmé mais a compté
dans ma vie. Ce ne sera pas la fin, plutôt …
-----------
Cette fin
d’année 1985 verra G.Z. essuyer un coup de fusil sur l’île Portal ;
J’étais à Cayenne pour des courses de ravitaillement quand lui y est venu à
l’hôpital mais je ne l’ai appris que à mon retour. Dommage, il s’en est sorti
sans trop de bobo mais cela prouve qu’il avait d’autres ennemis qui lui
voulaient du « bien » !
Les petits voyages à Paramaribo ont pris fin pour cause
d’insécurité politique de l’autre côté du Maroni et à notre dernier voyage je
m’étais fait confisqué mon caméscope parce-que innocemment j’avais filmé du
bac « international » qui nous amenait à Albina, (en face St.
Laurent), un vague bateau militaire qui faisait bien 20m de long !
Il a fallu aller pleurer dans les bureaux à Paramaribo pour
récupérer l’appareil délesté de son film. Le nouveau gouvernement a aussi
établi une taxe d’entrée sur son territoire alors que
les français,
bonnes pommes, laissaient rentrer gratuitement la racaille surinamienne mais
aussi, heureusement, les voitures de ceux qui venaient faire leurs achats de
produits indispensables qui se faisaient rares chez nos voisins. Nous avons eu
ainsi de bonnes tables d’européens qui venaient prendre un bon repas avant de
repartir sur le bac avec leur provision d’huile et de papier toilette dans
leurs grosses voitures. Et tous n’étaient pas hollandais de souche ; nous
avons suivi de loin ces événements politiques, à ce moment je créais un cabinet
secondaire à Mana, 40 kms de notre sous-préfecture, population de guyanais
travaillant aux rizières et d’indiens plus ou moins pêcheurs comme leurs
cousins des Hattes, village qui allait devenir une sorte d’enclave autogérée
sous le nom d’Awala Yalimapo –avec chaîne de froid pour le poisson ! – à
côté de la plage de l’embouchure du Maroni ou les tortues Luth viennent
toujours enterrer leurs œufs à la bonne saison.
reviendra en France avec
nous et ci-contre : la superbe
plaque du dentiste de Mana. Notez le dentier
du bas incrusté dans la planche mais blanchi par le soleil !
Ci-dessus : « Cocotte, perruche qui
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Avec ces deux illustrations vous faites la synthèse de mes
activités qui vont ensuite se multiplier, mes ambitions de tourisme à Saint
Laurent vont me pousser à m’intéresser à la vie politique et à participer à la
campagne électorale de Léon Bertrand qui se présente à la députation pour le
RPR. Mon Papa instituteur laïque socialiste ne me l’a jamais reproché et mon
engagement était tout sauf politique. Juste un mot des adversaires de
« Mon Maire » : le PSG, parti socialiste Guyanais mélange de syndicalisme
sans ouvriers et d’indépendantisme anti-colonial sans colons, les dirigeants
étant des roitelets des instances locales enrichis par la fin du bagne et
l’essor du centre spatial de Kourou. Exemple : le Maire de Sinamary s’est
retrouvé propriétaire de tous les terrains bordant les 30 kms de route avant
Kourou, juste avant l’arrivée des premiers constructeurs de la base voisine.
Sachant que pas un seul des métroplitains ne pouvait acheter un bien immobilier
et se contenter d’un bail emphytéotique, cherchez l’erreur !
Je n’envisage plus d’acheter depuis l’essai infructueux de
persuasion du Guyanais authentique et borné propriétaire par héritage de
l’hôtel Le Galibi maintenant loué comme cantonnement à l’armée. Il faut
remarquer que le contingent de militaire commence à grossir devant les troubles
du Surinam. Les « jungles commandos » de Ronny Brunswijk seront
repoussés en amont du Maroni, remplacés par un militaire local Desi Bouterse,
tout cela sur la rive gauche du Maroni et je me souviens, Lors d’une promenade
en pirogue avec des touristes jusqu’au premier saut après Apatou (20kms
environ), avoir vu un militaire armé d’une mitraillette sur les rochers au
milieu de ce barrage naturel ; un surinamien bien sûr ! Nous lui
avons donné des cigarettes et tout le monde était content de l’excursion
« very typical ».
La campagne électorale :
Le restaurant était équipé d’une sonorisation succincte
puisque, les bons jours, Quinette jouait de l’accordéon et chantait,
quelquefois je chantais avec elle et souvent, les clients aussi ! Donc
j’ai improvisé avec le micro un stage de formation d’orateurs pour les
lieutenants de Bertrand, Guyanais de souche comme lui et remplis de bonne
volonté – sans trop de bases scolaires – à la différence de Bertrand ancien
prof… Et ce fut de forts bons moments comme les visites à tous les villages
indiens des environs de St. Laurent mais aussi sur le fleuve-frontière
avec le Brésil, l’Oyapock.
Il fait partie de sa circonscription. Donc, petit avion
jusqu’à St. Georges et ensuite 3 heures de pirogue jusqu’à Couman-Couman
village bâti sur une butte complètement recouverte de ciment, les
« rues » en pente sont en ciment, la chaussée surélevée de 400m qui
conduit au fleuve, en béton massif et le bâtiment communal a été dessiné par M.
Blochauss… autant que je me souvienne il y a quelques carbets d’indiens mais
comment a-t-on pu apporter autant de ciment ?
En face, côté Brésil, un village s’appelle St. Louis et
comment se nomme le bourg brésilien qui regarde St. Georges de l’Oyapock ?
Vous avez perdu, c’est Martinique !
Moins géographiques mais aussi
révélatrices de coutumes locales : à village Pierre sur la route de
St.Jean, au bout du chemin qui vient de la route vous êtes accueilli par…. une
cabine téléphonique en état de marche.
A Terre-Rouge, hameau voisin qui domine le Maroni, à
l’entrée du chemin, sous un frêle abri, un congélateur, VIDE ! plus haut
sur le fleuve, un autre congélateur dans une case qui doit être commune,
dedans, 1 bière mais pas d’électricité, elle est fournie par un groupe qui ne
fonctionne que le soir; et à Couman-Couman que vous n’avez pas oublié, le
courant devrait venir d’une éolienne qui rouille en haut de son mât, personne
ne sait s’en servir ou l’entretenir.
Chaque campagne électorale apporte à ces villages des
cadeaux préélectoraux pour la communauté qui en fin de compte n’en a rien à
faire.
La
campagne électorale est pavée de bonnes intentions.
Les seuls cadeaux
appréciés sont les moteurs hors-bord pour la plus grande satisfaction de mon
ami Jean-Claude, bourguignon a la peau plus noire que les bonis du fleuve (
ethnie d’africains descendants des esclaves qui se sont enfuis en forêt à
l’abolition de l’esclavage et qui sont maintenant les rois du fleuve,
spécialisés dans les transports de marchandises, matériaux et passagers de
St.,Laurent à Maripasoula, 8 jours en montant, 4 en descendant si tout va bien
, une vingtaine de sauts et de rapides où il faut parfois passer les
marchandises sur le dos !
Au delà de Maripasoula le
fleuve est interdit au tourisme et seul nos gendarmes et les militaires font
des incursions et parfois le grand exercice de survie, rejoindre les sources de
l’Oyapock en laissant le Maroni au point de trijonction Brésil, Surinam et
Guyane, PALOULOUIMĖENEPEU (c’est le nom sur ma carte !).
Léon Bertrand a été élu, depuis il a toujours renouvelé ses
mandats jusqu’à sa promotion dans les gouvernements Raffarin et Villepin.
Il finira sénateur comme son modèle de toujours, originaire
de sa ville si mes souvenirs sont bons, mais j’ai oublié le prénom de RIVIEREZ…
Dernier souvenir :
Sans
illustrations, et c’est dommage, 9 mois environ après son arrivée dans la
famille, Fauve donne naissance à un petit cheval. Nous étions à Cayenne pour
des courses –2 jours d’absence, les 250 kms ne se faisant pas en 3 heures…- et
à notre retour plus de gamine (laissée sous la surveillance de Donnain,
l’haïtien que vous connaissez.)
Elle avait passé la nuit avec sa jument, dans l’écurie,
contrôlé l’accouchement, jeté le placenta et remis une litière propre – c’était
de la sciure que je rapportais de la scierie dans des sacs de jute – et
surveillait son « bébé » !
Je m’ occuperai ensuite beaucoup du poulain, essayant de
lui apprendre à sauter des obstacles créés pour lui avec des rondins et des
tiges de bambou peintes en rouge et
blanc posées en équilibre, comme chez les professionnels.
Quinette sera bientôt en pension à Cayenne pour son
bac et s’intéressera plus aux étalons d’un autre genre, nous ferons opérer le
bébé parce que c’est plus sage, encore une expérience originale avec une jeune
femme vétérinaire à qui j’ai servi d’assistant pour l’intervention… pas
vraiment enseignée à la fac de mes débuts.
Mon élevage de chevaux est au complet et occupera mes moments creux de
façon agréable même si personne n’a vraiment mordu à ce sport. Devilliers en
héritera et peut-être un de ses nombreux enfants aura-t-il repris le flambeau…
Le Plan Maroni :
La
situation au Surinam s’aggrave et notre Guyane subit un afflux de réfugiés tous
les jours plus important. Ce sont des ethnies africaines du fleuve, cousines de
nos Boshs ou Bonis chassés de leurs villages du bord du fleuve ou de la
campagne environnante. L’armée française fait face et organise l’installation,
d’abord dans un ancien village de lépreux à l’Acarouani proche d’un petit
hôtel-restaurant de brousse tenu par des amis originaux qui collectionnent des
animaux de la forêt, attraction pour touristes, sans prétention et sympathique.
Ce village qui était envahi par la végétation retrouve une
vie fébrile, les Surinamiens débordent dans toute la forêt alentour et
défrichent, construisent leurs cases et le camp de réfugiés du départ qui avait
été installé sur le terrain d’aviation de St. Laurent sera assez vite déserté.
Par contre il faut fournir à tous ces gens les premiers
secours et produits de base. C’est le ressort de la gendarmerie et pendant une
période on trouvait de l’huile Lesieur à des prix imbattables en ville .
Il est même arrivé un conteneur complet de vêtements chauds dont des manteaux
de fourrure mais c’était par erreur ! j’espère qu’ils ont été renvoyés, le
manteau en cuir que j’avais apporté dans le bateau était devenu un panneau
raide et vert de moisissure en 3 mois d’oubli dans un placard…
St. Laurent n’a pas souffert de cette foule qui s’est vite
dispersée mais l’hôpital s’est trouvé un peu submergé, surtout la maternité et
son médecin chef le Dr. Carles dont la femme, médecin elle aussi exerçait en
libéral à 50 mètres de mon cabinet. Elle a soigné mon hépatite B et me mettait en garde du sida, quelques uns de ses
clients étant atteints et ils étaient aussi mes patients sans rien annoncer
évidemment !
En illustration, l’article du journal LIBÉRATION du 12
Décembre 86 que l’on m’avait envoyé et qui résume bien la situation. Les autre
coupures de presse sont tirées de France-Guyane, la presse de Paris ne
connaissant pas beaucoup ce département d’outre mer qui pourtant, avec Kourou
et les réfugiés devait être un de ceux qui coûtait le plus cher aux finances
publiques…
Petite digression si vous le permettez :
J’ai
raconté que la Sécurité Sociale avait tué les 47 distilleries de rhum de la
commune – propos de Monsieur Marsolle qui tenait encore son entreprise en 84 –
et j’en remets une couche avec le RMI ; Je ne sais plus en quelle année il
a été institué ni par quel gouvernement d’ailleurs, mais il est arrivé ces années-là
à St. Laurent et le résultat a été la désertion
de tous les employés ou ouvriers régulièrement déclarés chez les commerçants ou
petits artisants !
Imaginez ce pays ou il ne fait jamais froid, où les
contrôles administratifs se diluent dans l’humidité ambiante et dans
l’éloignement des têtes pensantes. Les employés de Tanon par exemple,
quincaillerie et matériaux de construction ,
gagnaient un petit SMIG et s’en contentaient, les allocations
« braguette » complétant largement leur mois et du jour au lendemain
ils pouvaient recevoir autant d’argent et d’avantages sociaux avec le RMI …
Il ne restait plus que les Haïtiens, les brésiliens et
tout le commerce chinois pour faire tourner l’économie.
Je n’invente rien, la gérante du plus grand magasin de la
ville, Tanon, était Mitez, une bonne amie des Souchaud et la belle mère de …
Léon Bertrand.
Suite du
plan Maroni :

La situation s’est ensuite stabilisée progressivement mais
la frontière virtuelle du Maroni est restée fermée, le « bac international »
immobilisé « côté France » jusqu’en 89.
Notre situation n’a pas été influencée par cet exode mais
un jour de semaine normal, à l’heure de la sieste qui est sacrée à 5 degrés de
latitude nord de l’équateur, nous entendons des coups de feu se rapprocher de
notre sweet home. Les chiens étaient heureusement rentrés avec nous et la
double porte de verre fermée pour la climatisation et le temps de venir dans la
salle de séjour séparée par ladite porte du restaurant nous voyons passer un
fuyard suivi d’un revolver imposant tenu par un individu en treillis militaire.
Comme au cinéma !
Le temps d’enfiler un short, il n’y a plus de bruit sous le
Carbet mais dans le coin du bar gît le fuyard baignant dans son sang qui a
giclé jusqu’à 1m 50 sur les carreaux de la porte.
Tour du propriétaire avec mon fusil dont je tire une
cartouche pour vérifier, avant, le fonctionnement , il n’y a personne !
c’était une expédition punitive d’un chef rebelle venu du Surinam. Police,
émoi, nettoyage du sang après les photos de rigueur et … bonne publicité pour
l’établissement ! Mais Rachel a commencé à trouver que son ancien salon de
coiffure de la rue des Lilas était plus calme…
Projection à 7 ans :
Ces
jours-ci, octobre 2005, un mini scandale agite le landerneau politique métropolitain,
un jeune sous ministre remettant en cause le droit du sol…
Entre 1986 et 1993, mon ami Carles, Gynécologue, s’est
trouvé emporté par un tourbillon de naissances et il a obtenu du gouvernement
français la construction d’une maternité moderne à Albina, territoire
surinamien, l’hôpital de St. Laurent datant du bagne ne pouvant assurer cette
folie de travail « engendrée », c’est bien le mot, par les réfugiés.
En 1993, quand nous sommes revenus à St. Laurent dans le
cadre de la manifestation les villes Françaises de St. Laurent qui avait amené
800 touristes dans la ville, La clinique d’Albina était neuve mais… déserte,
le village pas encore reconstruit et aucune femme ne voulait accoucher en
territoire Surinamien ! même avec du personnel Français ! La Guyane a intégré toute cette population.
Il y a des statistiques mais je ne me souviens par du nombre de nouveaux
habitants enregistrés dans la sous-préfecture qui avait beaucoup changé en 4
ans, un hôtel neuf dans un bâtiment rénové
datant du bagne avait une classe internationale, j’avais connu les
propriétaires 10 ans avant, ils exploitaient le concurrent du Galibi, l’hôtel
Le TOUCAN… En 93, j’étais touriste. Et le bac toujours arrêté !
Revenons
à 1986 ;
Les 3
illustrations suivantes situent mon nouveau projet sur la carte .
J’ai dans mes archives une plaquette datée du 14 juin 1986 éditée
par le bureau de tourisme du C.S.S.C.Maroni avec le titre :PROJET de création d’une
Zone
de Liberté économique.
A St Laurent du Maroni avec : Port de plaisance, Zone
de transformation iindustrielle, développement du tourisme, 10 pages reliées
avec le tracé de la partie du fleuve incorporant le port bien délimité, projet
de zone franche qui devait être une nouveauté gouvernementale dans laquelle
j’ai foncé tête baissée.

Le port, ce n’était que ce grand ponton avec la partie
stockage des billes de bois et encore il n’y en avait pas toujours !
Dans le
coin en bas à gauche, le ponton du ferry « international » avec le
petit bâtiment de la douane.
Je donne mes projets à mon Maire
préféré qui, évidemment n’en fait rien ou tout au moins je n’ai pas de suites
mais je devais avoir le feu sacré parce que l’année suivante j’essaie de mettre
sur pieds une épreuve nautique qui ne se fera que
le dimanche 14 Août 1988 …
Avec la
collaboration du bateau sans hélice des pompiers de la ville pour la sécurité,
10 bateaux, dont 5 pirogues, de concurrents qui ont à répondre à 6 questions de
connaissance, 6 d’observation et 4 de navigation, 2 hors-bords d’accompagnement
et une grande pirogue balai transportant un fût complet de carburant et quelque
remontant local en cas de malaises, c’est :
Le RALLYE MOTO – Nautique .

Distance
à parcourir environ 100 kms en 4 étapes :
1.
1.
-St Laurent-crique Balaté
à St. Jean avec arrêt à l’ancien village de Mac Intoch pour
cueillir du roucou. Vin d’honneur par les militaires !
2.
2.
Retour par le petit bras du fleuve en évitant les bancs de sable
et arrivée au village Toutou, au pied de l’hôpital; Sandwichs payants,
préparés par les organisateurs.
3.
3.
Village indien de Coswine ou un verre de l’amitié – avec cachiri
sera offert- Grande étape jusqu’au village Coswine par la voie rapide du
Maroni. Le débarquement et le rembarquement par marée basse sur un ponton
en bois monté sur échasses, le marnage près de l’embouchure étant important,
ont entraîné de mémorables bains de vase !
4.
4.
la dernière étape avait été soigneusement préparée et je m’étais
perdu tout un après-midi pour trouver l’itinéraire et le marquer avec des
chiffons rouges noués dans les arbres. J’y ai dépensé 75 litres d’essence ce
jour là ! (j’avais un 50 cv. Evinrude !)
Tracé des 2
premières étapes :

Donc retour à travers le marécage sur des
courants larges comme la
Vienne ! Crique vache puis crique bœuf avant de retrouver le fleuve
et nous remontons le Maroni avec une bonne averse tropicale pour nettoyer les
traces de vase. Avec Jean-Claude, chacun dans son bateau nous étions embusqués
dans les méandres pour remettre les pirogues qui se fourvoyaient dans le bon
chemin. Même une embarcation de militaires serait encore entrain de tourner si
nous n’étions pas intervenus !
Pour la dernière fois, j’étais allé me promener
sur le grand lac intérieur où nous avions dormi, avec le Solaris, un dernier
week-end de 85. Nous avions été bercé par les singes hurleurs longtemps avant
de trouver le sommeil après avoir échappé aux moustiques qui nous avaient
agressés juste à la tombée de la nuit, près du bord que nous avons vite quitté.
Au milieu, pas de piqûres.
L’arrivée de ce rallye mémorable a été jugée au
ponton des bagnards, 4 piles maçonnées en brique qui sont là depuis le temps ou
le Lamartinière apportait son lugubre chargement mais il y a longtemps qu’il
n’y a plus de plateforme.
Tracé
des 2 dernières étapes :

Admirez
les comptes et les commentaires…

La
mention qui me réjouis est le versement du sponsor « poly mécanique »
dont le chèque de 500 F. a été adressé à la Mairie et que je doute l’avoir
jamais vu venir…
Et le verso du document :
Mon presse-book est disponible pour
admirer les articles de France - Guyane parlant de notre succès… ---------------------------------------------- La distribution des prix devait avoir lieu au Lac
Bleu, hôtel restaurant qui venait de se construire sur le bord de la
pièce d’eau où nous avions notre bébé caïman 3 ans avant… Élevons la perspective : L’apéritif promis au Lac bleu
a été décommandé au dernier moment ce qui me permet de présenter la
situation globale de St. Laurent à cette date. Vous comprendrez plus loin
la transition … Preuve
irréfutable : ce petit entrefilet de France-Guyane du 19 Août !

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Léon
Bertrand, Maire depuis 5 ans, député de la dernière fournée et très
actif, a développé sa ville au maximum, ce qui explique mes projets de port
franc et mes essais de développement à mon échelle qui seront toujours bien
accueillis sinon soutenus. Vous aviez remarqué que le rallye nautique était
annoncé sur un papier à en-tête de la mairie !!
Depuis notre installation au Carbet, Bertrand avait créé
une société d’économie mixte et était apparu un citoyen suisse du nom de Roth,
très lié avec le maire et qui, je le suppose, avait trouvé des fonds pour
attendre les subventions promises par l’État Français qui ne pouvait laisser la
municipalité seule devant l’invasion pacifique mais coûteuse des réfugiés
surinamiens.
Cette
analyse est purement personnelle et n’est étayée par aucun document….
En 3 ans, nous avons
vu se construire au lieu-dit la
Charbonnière, entre la route que vous voyez sur la photo du
« port » et le fleuve, mais un peu en aval, au niveau de la centrale
thermique, un village de style extraordinairement nouveau et dont les maisons
de bois étaient on ne peu plus adaptées d’une part au climat et d’autre part
aux locataires guyanais que notre vocable métropolitain qualifierait de cas
sociaux.
Vous aurez plus loin un document électoral avec un dessin
approximatif mais imaginez une construction de maisons individuelles à toit
très pentu avec évacuations d’air en haut, des cloisons minimales à la demande
et au centre de cette construction toute en bois, couverture en plaquettes de bois
ajustées genre les lauzes de montagne et au centre de l’unique et grande pièce,
un bloc préfabriqué de ciment contenant les éléments sanitaires et les arrivées
des tuyaux pour installer le minimum de cuisine comme dans un carbet
traditionnel.
Les maisons de l’AP – je rappelle, = Administration
Pénitentiaire -, étaient déjà très bien étudiées avec leur étage unique et la
grande galerie circulaire où s’ouvraient portes et fenêtre à claire-voie mais
cette architecture de la Charbonnière est remarquable.
Le Maire aura sa maison proche du Carbet à St. Louis dans
un style approchant mais évidemment avec des aménagements très différents, le
principe de circulation de l’air étant le même et la toiture identique.
Une école est aussi construite et le collège, sur la route
nouvelle vers le terrain d’aviation en est aux fondations.
Et… au
LAC BLEU notre Monsieur Roth, que nous avions eu plusieurs fois
comme client au restaurant avec différentes personnalités,a construit un
complexe hôtelier avec salles de fitness, Hammam, sauna et superbe restaurant
au bord de la pièce d’eau où est aménagée une plage. C’est la gérante que
j’avais sollicitée pour faire la soirée d’après rallye et qui s’est décommandée
au dernier moment obligeant Rachel qui était organisatrice à improviser un
apéritif au Carbet. Inutile de dire qu’il n’y avait pas d’atomes crochus entre
les deux « restauratrices » concurrentes…
Après
nous avoir pris quelques clients, le Lac Bleu a eu des difficultés financières,
M. Roth ayant quitté la Guyane et
l’établissement a fini par fermer.
Si vous
ouvrez le site de St. Laurent maintenant vous avez la publicité du
« Relais des 3 lacs, domaine du Lac Bleu ! ». Notre restaurant existe-t-il encore, il survivait
en 1993 mais avait perdu de sa superbe.
Je vous raconterai
plus tard, suivons la chronologie - très approximativement puisque le scanner
qui suit est daté du 5 Juin 1987 et concerne l’îlot nommé sur la carte île
quarantaine, appelé par les autochtones île des lépreux parce-qu’ils étaient
parqués là du temps du bagne et que j’avais rebaptisé, parce-qu’il était en
face St Louis et que nous y allions souvent nous baigner si le hors bord
était à l’eau à côté du club house du CSSC Maroni ; et c’est un autre
projet, un nouveau dossier pour une idée fixe, c’était annoncé sur le road book
du rallye qui faisait là un arrêt obligatoire, c’est le plan :…
… L’Ilet St. Louis.

Ce
nouveau dossier dont vous lisez la page une a été présenté à Monsieur
Bertrand qui l’a bien sûr accepté mais comme toutes mes démarches, n’a pas
abouti. Je n’avais pas de banque suisse derrière moi (le nom de M. Roth
est mentionné en haut à droite avec les participants habituels de mes
utopies) !
Cette petite île avait encore une douzaine de socles
maçonnés noyé dans la végétation, un puits encombré de déchets mais exploitable
et elle n’était distante que d’un centaine de mètres de la rive.
C’était plus une escale de trafiquants de cannabis qu’une
plage de St. Laurentais qui n’avaient pas la fibre balnéaire ! Seuls les
grands bâtiments de l’administration avaient leurs façades tournées vers le
fleuve.
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Et
voilà la page 2. Ce que je n’avais pas pu réaliser à l’île
portal, je voulais essayer à l’îlet St. Louis et pour ce faire j’ai demandé
à un cabinet d’affaires parisien une étude , là encore bien présentée sur
dossier relié dont je vous offre la copie de la première page. Il y avait 20 pages style notaire
que j’avais même fait lire à mon fils qui commençait à gagner sa vie, mais
en « métropole » ! Heureusement
que le restaurant et le cabinet dentaire m’assuraient un certain niveau de
dépenses possibles… !!
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Qu’en
reste-t-il : rien. Mais au moins j’ai essayé … comme disait
Pierre de Coubertin…
Lorsqu’en 1993 nous sommes revenus en touristes, la mairie
avait nettoyé l’îlet et construit sur les gros plots des bagnards des carbets à
l’indienne comme abris pour inciter les habitants à venir en pique-niques et,
comme le premier commerce à cette époque était, du fait de la fermeture
théorique de la frontière avec le Suriname, la contrebande organisée de
l’essence venue du Venezuela a un prix défiant toute concurrence, il devait y
avoir une certaine animation sur « mon » Îlet St. Louis que
j’avais rêvé plus exotique et touristique.
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Avant dernier chapitre :
Je ne vous ai pas développé le chapitre de mana ;
vous avez juste la photo de la plaque du dentiste sans même
l’environnement qui est une porte à claire voie d’une pièce unique avec
sanitaires en « arrière-cuisine ». Le tout dans les tons
bleu-charrette-passé. J’ai installé un matériel rapporté de Cayenne de chez une
veuve de dentiste qui m’a donné en prime un tour de dentiste datant de 1904,
même modèle que celui que j’avais déballé à l’armée, à Djidjelli, en 1958 ou
59. je ne me suis jamais servi de l’un ni de l’autre mais celui Cayenne a fait
la déco du cabinet de Paris jusqu’au bout de ma carrière.


2 exemplaires de la même coupure de presse, la photo était
d’un fonctionnaire de la DDE et votre serviteur a été obligé de rebrousser
chemin en revenant du boulot et de passer par le bac de Mana, la D 8 pour
rejoindre la nationale 1 (il n’y en a qu’une !) soit un détour d’au moins 70
kms. Le camion à gauche sur la photo a essayé de passer mais le bas côté cache
le marécage et les fossés d’alimentation en eau des rizières.
Deux mots sur le riz de Guyane : le développement de
cette « richesse naturelle » s’est fait pendant notre séjour, boosté
par les hollandais rapatriés du Surinam avec leur technique, leur courage, ils
venaient de se faire jeter par les « révolutionnaires » et leur
savoir faire.
Je ne dirai pas que la France a donné les subventions mais
le résultat est qu’en un an, le paysage entre mon cabinet principal et le
secondaire a changé à 100%. Du riz, du riz, là où il y avait les
palétuviers ! (arbres des marais aux racines aériennes qui s’enchevêtrent
et où poussent … les crabes de cocotiers …).
Il s’est bien dit que les hollandais – clients du
restaurant – touchaient une prime de l’état français à chaque sac de riz et
que, à la saison, il passait quelques sacs sur les pirogues qui traversaient
depuis leurs anciennes exploitations pour venir grossir leurs quotas primés
mais ce ne sont que racontars, … certainement…
Le
Dentiste de Mana n’a pas fait fortune.
Dernier exercice de dactylographie :
Je vous laisse lire la première page
de cette lettre du 28 décembre 1987 qui montre mon engagement pour St. Laurent
…
Je vous fais grâce de la
2ème page mais l’idée de faire une liste associée à Mana dont je
parlerai plus tard ne verra jamais le jour. Les arcanes de la politique
étaient aussi obscures en Guyane que dans notre beau pays de France et les
rivalités classiques avaient en plus des dérives raciales, les racistes
n’étant pas toujours les plus blancs.
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Le maire sortant, qui sera aussi le nouveau en 89 me fait
parvenir cette petite carte, première manifestation écrite de nos bonnes
relations.

c’était l’année 88.
OK pour un
bout de chemin ensemble.
Et c’est ma deuxième et dernière campagne électorale,
limitée à la commune, pas d’excursions sur l’Oyapoc mais visite en groupe de
villages plus haut sur le Maroni où je ne suis allé qu’à cette occasion. Il me
semble me souvenir que le plus loin était Pompidou ville mais sans garantie.
Plus haut sur le fleuve ce devait être la commune de Maripasoula sans doute.
Mes touristes descendaient en pirogue de ce bourg qu’ils
avaient rejoint, venant de Cayenne en avion pour repartir par le car de St.
Laurent et boucler le circuit.
Nous avons repris, au Carbet, la formation des tribuns et
j’ai encore le texte de mon seul discours prononcé sous la halle du marché une
après-midi de déluge qui n’arrêtait pas les spectateurs dont Jean-Claude, pas
le marchand de bateau, le libraire, ancien légionnaire qui m’a ensuite fait une
critique gentille : J’avais voulu contrer les jaloux qui stigmatisaient la
voiture de luxe de Bertrand – une Renault 25 – en disant que même si on me
donnait une Renault 26, je ne ferais pas tous les voyages à Cayenne
qu’il était obligé de se payer pour le bien de ses administrés, Et Jean-Claude
d’ironiser, « tu crois qu’il y en a un qui a compris ton
humour ?? »
Il avait raison et mes efforts de communication publique se
sont arrêtés là.
Mais la carrière politique était encore en devenir.

Photo de France-Guyane.
A la gauche de Bertrand, une indienne, jolie, et ensuite, un
« métro », MOI !
L’art de panacher une
liste électorale, c’est une question de … COULEUR !
La jolie indienne devait être Ghislaine Bidiou , j’étais 19ème sur la liste et
élu.
La liste du parti
socialiste Guyanais qui espérait bien revenir aux affaires comme avant leur
défaite de 1983 étaient bien battus et leurs velléités d’indépendantisme seront mises au placard pour des années qui
ne sont pas encore terminées. Mais je n’y suis pour rien, mon seul fait
politique ayant été, lors du premier conseil municipal la lecture d’un texte
genre serment « du jeu de paume ! » que j’avais écrit et que mon
Maire m’avait laissé lire en introduction aux débats. Comme en toute bonne
démocratie le parti en place a voté pour et l’opposition contre !
Ma carrière s’est arrêtée
assez vite, mes demandes premières concernant le tourisme n’ont pas été
réalisée et ma demande urgente, dès l’installation de la nouvelle équipe
municipale, la rénovation du ponton d’où débarquaient
les bagnards – il restait les piles de pont en
maçonnerie,- ne semblant
intéresser personne malgré son coût négligeable avec les moyens de la ville,
j’ai cessé le harcèlement et la suite vous dira tout…

C’était la couverture de 3 pages de programme de Léon
BERTRAND mais la vrai photo des maisons construites à la Charbonnière est celle
ci-dessous.
La coupure de presse
parle de la Charbonnerie mais c’est une erreur. Si vous lisez, on vous parle
aussi de la GIFOM, dernière scierie importante en activité dont le PDG était M.
Pétrelli, notre client attitré qui avait fréquenté un moment la fille Marsolle
et qui n’a pas fait que de bonnes affaires puisqu’un jour nous apprenons,
catastrophés, qu’il est en prison à Cayenne. Dès que possible nous lui rendons
visite pour lui remonter le moral et si un jour j’ai vu quelqu’un heureux de
recevoir des amis, c’est ce jour là ! Cette anecdote est antérieure à la
coupure de presse, il est sorti assez vite mais a ensuite subit des tas de
convocations à Paris ou Cayenne pour disparaître en nous laissant une ardoise
de 30 soupes du soir, il ne mangeait pas grand-chose quand il venait dîner,
tout seul…
C’était
aussi ça, l’ambiance guyanaise.

Pour
vous donner envie de naviguer la photo d’un « SAUT » du Maroni,


Et la couverture du
projet de Zone franche avec l’épave qui bornait cette zone vers l’aval, à peu
près au niveau de la sous préfecture, ce bateau ayant été coulé à la fin de la
guerre de 45.
Il servait de ponton
d’amarrage des plaisanciers de passage et le Solaris y a fait un séjour lorsque
François l’avait remis en état pour essayer le charter à Cayenne (sans succès)
mais mon beau bateau était présentable pour l’expert venu le voir lors de
l’achat à distance par le parisien de l’île de la Jatte (sur la Seine
évidemment !).
Fin des illustrations, je n’ai plus de documents ou photos
à montrer…
Dans les quelques mois qui ont suivi, Mana
s’est vu doter d’un superbe pont suspendu pour remplacer le bac antédiluvien
dont le mode de propulsion était une pirogue amarrée à couple de l’engin plus
long qu’elle puisque un camion pouvait embarquer ! C’était un spectacle à
ne pas manquer que le départ de l’attelage qui tant bien que mal faisait les 7
ou 800 mètres de largeur de la Mana, belle rivière où le premier placer en
amont du bourg s’appelait : Angoulême !
Vous n’aviez pas oublié que je suis
poitevin d’origine…
Une petite digression sur les indiens qui
peuplent en majorité Mana et le village indien de l’embouchure, à côté de
l’ancien village des Hattes. Sur ce site, à côté de la plage où viennent les
tortues Luths, l’Etat Français a créé de toutes pièces un grand village
d’indiens déplacés pour des raisons diverses et c’est là que j’ai retrouvé, par
hasard le capitaine Mac Intoch, architecte du Carbet, chassé de Portal, qui
avait reconstruit quelques cases de palmes mais la majorité des habitations
étaient des cabanes bois + tôles ondulées particulièrement mal adaptées au
climat, surtout au soleil !
Mais le RMI était inventé et nos indiens
bien français avaient des revenus qui leur permettaient de bien vivre et
d’acheter du rhum à satiété. (regardez la définition du petit Robert
pour découvrir que cette expression est
particulièrement bienvenue.)
Je garde mes commentaires et abandonne ce bourg de Mana
après avoir tout appris sur le béton précontraint qui permettait au pont de se
dresser, majestueux et illuminé la nuit dans un environnement de brousse
sombre.
Il était aussi beau que le viaduc de Millau
que nous avons découvert en juillet dernier, en un peu plus modeste peut-être.
Fin de l’aboutissement…
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Notre expérience de la violence
avec l’épisode du surinamien laissé pour mort à côté du bar avait laissé des
séquelles chez ma cuisinière et associée, sa fille était maintenant à la fac à
Poitiers et nous avons mis le
restaurant en vente. Un vosgien dont toute la carrière s’était déroulée en
Afrique et qui, comme beaucoup de français dans ce cas ne pouvaient pas se
réhabituer en métropole et atterrissaient en Guyane, avait son gendre à la DDE
de St. Laurent et sa fille l’a amené jusqu’au Carbet. Sa passion de toujours –
pas son métier - était la cuisine et il
s’est décidé à acheter notre établissement ce qui était inespéré.
Les six cent mille francs nous
ont été versés par l’intermédiaire de l’ancien directeur de la caisse d’épargne
de Cayenne, (rappelez-vous, la seule caisse d’épargne qui ait fait faillite
depuis la création de la poste !), qui s’était reconverti en conseiller
financier, son séjour en prison lui interdisant de revenir dans l’administration !
Nous laissons notre piscine et tout notre environnement dans des mains
étrangères.
J’ai essayé sans succès de
vendre le cabinet dentaire où nous avons vécu quelques mois. La mairie m’a
offert de reprendre une maison avec piscine qu’elle venait de racheter à …
Pichet – l’entrepreneur qui devait construire la piscine du Carbet et s’était
« défilé » -, sombre magouille encore dont je n’avais aucune
explication, les adjoints voulaient en faire un genre club privé a 8 kilomètres
de la ville (après le Carbet sur la route de st. Jean) mais je n’ai pas négocié
cette proposition, je nous voyais mal tenanciers de maison close…
J’ai donné, avant de prendre
l’avion, ma procuration à Monsieur Bertrand et laissé les chevaux à Devilliers,
mon gros mastif n’a pas supporté son changement de vie et je l’ai enterré une
après-midi de déluge et d’orage tropical dans l’ancien cimetière des premiers
colons venus découvrir la Guyane bien avant le bagne ,,,,
Ce cimetière était limité par
des bambous, au milieu du champ qui s’étendait sur le côté de la piscine, et où
circulaient les chevaux et les vaches du propriétaire.
Nous sommes revenus plus tard, en touristes,
Sans retrouver
L’ambiance guyanaise.
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